C'est comme chat.....

Publié le par la marquise de Carabas

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J      

         Je crois qu’il est le seul chat au monde à avoir dormi dans le premier duplex créé pour les félins par Mademoiselle. Elle avait découpé quelques cartons de déménagements, récupéré des chutes de tissu de la housse de canapé, que je venais de refaire avec une amie, afin que sa couche soit douillette. Nous étions dubitatifs sur le fait qu’il accepte même d’inaugurer ce logement atypique, nous nous trompions, il y trouvait un refuge loin de toutes ses mains sans cesse en train de le déranger. Néanmoins, sa prudence le mena à snober le premier étage, se contentant du rez de chaussée…Il ne faisait aucun bruit, ne miaulait que lorsque son excitation était à l’extrême, au moment de la distribution de ses « boulettes » dont il était friand et qu'il ne manquait pas de nous réclamer. Au son de la cuillère tapotant le petit bol de porcelaine, il exécutait une danse et rien n’aurait pu entraver son chemin pour aller dévorer son dû. Il savait aussi faire le pique-assiette chez Bonne-Maman en volant la pitence de Friquette. Il dormait n’importe où,  sauf sur ce qui pouvait être très moelleux, aussi n’avions-nous jamais besoin de partager les fauteuils ou les lits de la maison avec lui. Il avait une prédilection pour la table de la cuisine  en particulier quand les serviettes y étaient abandonnées, il trouvait là d’agréables oreillers ! Il se couchait  aussi  de façon rituelle sur un coin du tapis, un bout de tissu, du papier journal ou une serpillière. Quand il n’était encore qu’un chaton, je l’avais retrouvé successivement  endormi dans la poubelle, puis dans sa litière, dans une niche du bureau de Monsieur, dans les paniers ou corbeilles en osier….Il se moquait de moi en faisant ses griffes avec enthousiasme sur la paille des chaises, en prenant soin de me regarder, attendant les cris que je pousserais pour qu’il arrête. Son pelage doux et soyeux camouflaient une ossature saillante qui me décontenançait.   Ce chat  avait pris des habitudes bien différentes de celles de ses prédécesseurs et il était d’un calme olympien, ce qui contrastait avec le reste de la famille, joyeuse bande bruyante. Cela tenait presque du miracle qu'il ne soit pas gagné par cette excitation, en dehors des fois où il se prenait pour un tigre avec les garçons. Mademoiselle en faissait ce qu'elle voulait et nous pouvions le porter dans n'importe quelle position, même tête en bas, il ne bronchait pas. Il pouvait patienter des heures devant  uneporte close sans miauler, attendant l'opportunité providentielle. Nous avons même pensé  à tort un moment qu'il était sourd et muet...Il avait gagné le surnom  de« 2 de tension » tellement il était dynamique ! Quand il souhaitait grimper sur nos genoux, il posait ses pattes avant sur nos cuisses, nous jetait un regard implorant et attendait qu’on le soulève. Quand il lui arrivait de courir sur 1 bon mètre, nous nous moquions gentiment de lui « hé Patau’, arrête, tu vas t’épuiser ».  Durant ma grossesse, il avait fortement apprécié de dormir sur mon ventre qui s'arrondissait au fil des mois.  Au moment des repas, il était toujours le premier assis sur une chaise face à une assiette, en attendant...d'être viré.Il taquinait le chien avec malice et se désaltérait dans sa gamelle.

 

            Ce chat était tellement calme que nous n’avons pas remarqué qu’il ne se portait pas bien. Certains détails auraient dû nous interpeller  et deux-trois jours s'écoulèrent avant de nous rendre à l’évidence qu’il fallait  consulter le vétérinaire…. Il ne s'était jamais plaint. Durant la  nuit, je m'étais levée vers 2 heures, très inquiète et je l'avais retrouvé par terre, la griffe prise dans le coussin sur lequel il dormait et qu'il avait traîné... Il s'était frotté contre moi et je l'avais fait boire, soucieuse qu'il ne s'alimente ni se s'hydrate plus.Il avait du mal à marcher, comme si l'arrière train commençait d'être paralysé. Lundi, je me moquais pourtant de lui en disant à une amie "regarde notre 2 de tensions, comme il va vite...." désormais, je m'en voulais.Comme il avait l'habitude de lécher tout et n'importe quoi, peut-être s'était-il empoisonné?

 

           Le chat blotti dans mes bras, je suis partie avec Mademoiselle, certaine de trouver la solution au mal qui rongeait notre Petit Patau’. Je sentais son cœur battre à tout rompre et je tentais de  rassurer Mademoiselle, certaine que le vétérinaire  requinquerait notre compagnon avec, peut-être, une piqûre et quelques médicaments. Le diagnostic fut vite établi et je vis sur le visage du vétérinaire passer une ombre inquiétante. Le pronostic était sombre et il fallait sans doute s’en remettre aux soins dans une clinique vétérinaire, ce que je refusais. Je trouve profondément indécent cette façon que l’on a de tout mettre en œuvre pour sauver un animal au bord du gouffre quand on laisse des gens sans soin, ailleurs. Le vétérinaire avoua que de toute façon, il était déjà trop tard et que les tentatives avec quelques centaines d'euros pour le sauver n’aboutiraient qu’à la mort. Un sentiment  de désarroi m’envahit et  je sentis les larmes monter, je m’excusais de cette faiblesse, je ne m’attendais pas à ce qu’il n’y ait pas d’autre solution que d’administrer au chat une piqûre pour abréger ses souffrances. Je vis que le vétérinaire aussi avec les yeux humides, sans doute touché par ma réaction. Mademoiselle ne saisissait  pas ce qui se passait et j’eu toutes les peines du monde à lui expliquer avec simplicité et sans ambages la situation. Le vétérinaire fit preuve de beaucoup de psychologie en détournant la conversation après avoir euthanasié le chat. Nous  sommes reparties annoncer aux garçons que tout ne s’était pas passé pour le mieux et malgré nos efforts à rester dignes, nous avons parcouru le chemin du retour en pleurant et en reniflant, le chat sans vie serré contre moi,  Je m’en voulais beaucoup de ne pas avoir remarqué plus vite que notre minou allait aussi mal et je m'en voudrais toujours. Il avait  un très grand hématome sur le ventre, laissant penser qu’il avait reçu un coup violent, responsable de sa mort. Voiture ? Coup de pied ? Chute d’une branche d’arbre ?  Nous ne le saurons jamais….

 

          Au dîner, les conversations allèrent bon train pour me convaincre de l’urgence et de l’impériosité de reprendre un chat. Pour moi, c’était tout vu, c’est NON. Trois chats ont traversé six petites années de notre vie de famille et même si je combats toute idée d’anthropomorphisme, je m’attache de facto à ces petites bêtes et les voir disparaître me cause vraiment trop de peine, je m’investis de trop, mais quel intérêt d’avoir des animaux de compagnie si on ne s’y attache pas ? J’ai rappelé que nous pourrions toujours profiter du chat de Bonne-Maman et que dans quelques mois il y  aurait des poules, sans doute une chèvre.... et que nous avions tout de même déjà un chien. Ma réponse ne convenait évidemment pas. Mademoiselle s’est tournée vers moi, avec un grand sourire aux lèvres :

 

             - Et si on passait au lapin ? 

 

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Pataugas - 1er mars 2011

Publié dans Patati et patata

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Daisy Duck 15/03/2011 20:27



Mon chat est mort de la même façon, le véto en moins ... nous l'avons pieusement enterré au fond du jardin aprés avoir fait une procession avec des amis qui passaient le WE à la maison. Les
enfants furent triste mais n°2 qui avait 3 ans m'a quand même demandé pourquoi nous avions fait une prière alors que les animaux n'ont pas d'âme !


Depuis nous n'avons pas repris de petites bêtes, c'est trop triste !



la marquise de Carabas 17/03/2011 17:58



en effet, ils n'ont pas d'âme, mais dans ce cas, on peut toujours rendre grâce à Dieu pour le chemin parcouru ensemble et la joie prodiguée auprès de ce compagnon!



pont des lions 15/03/2011 10:11



Très joli texte qui m'a fait beaucoup penser à ce que nous avons vécu avec notre "Divine" (ce n'est pas nous qui avions choisi le prénom;-), retrouvée un an jour pour jour après son adoption,
renversée, sur le bord de la route devant chez nous... tous les hommes de la maison l'ont pleurée, surtout les plus grands, les plus jeunes ne réalisant pas vraiment qu'elle ne revivrait plus...
depuis, un chaton s'est invité, mais j'évite de trop m'y attacher, il reste très libre de ses allées et venues et si je ne le voit pas pendant qq jours, je ne m'inquiète pas.


Laure



la marquise de Carabas 17/03/2011 18:00



on se blinde et c'est normal....


retrouver un chat écrasé sur le bord de la route....c'est en plus très glauque!!!



Parciparla 14/03/2011 15:30



Quel bel hommage à Pataugas...  Je suis sûre qu'il aura été bien heureux dans votre famille.  Comme toi, je suis contre les soins à outrance aux animaux (et ici, ca frise un
ridicule!!!! ) En même temps, on s'attache tellement à ces bêtes là, et quand ce sont les seuls compagnons... 


 



Parciparla 14/03/2011 15:13



Au moins Pataugas aura eu une belle vie chez vous...  Je suis comme toi, contre les soins trop techniques pour les animaux (et si tu voyais ici....), en meme temps, on s'attache
tellement à ces bêtes...  Bon courage à tous!



la marquise de Carabas 14/03/2011 20:56



ça c'est le moins que l'on puisse, une vie royale!


merci.......



marin29 14/03/2011 10:23



votre peine est naturelle, car on s'attache à ces animaux, et c'est normal...


je reviens sur vos témoignages et ceux plus hauts, j'en suis horrifiée...c'est honteux de voir cette "débauche" de soins pour un animal (non qu'il faille les soigner quand on le peut bien sur!),
et en parallèle les dépenses énormes et inutiles que ça peut impliquer. contente que vous ayez vu un vétérinaire aussi honnete, quand on voit la malhonneteté de certains médecins: on voudrait
parfois de leur part un peu plus d"acharnement" dans le bon sens...


UN lapin alors...!



la marquise de Carabas 14/03/2011 20:57



en effet, quand on peut soigner, il n'y a pas de raison de ne pas le faire, mais quand on tombe dans l'excès, cela n'a plus de sens!!!


nonnonononon pas de lapin!!!