contraste
âmes sensibles s'abstenir....
en écho aux 4 rats et à Laurence....
éloge à l'imperfection,
au temps qui passe et que l'on savoure
oui, je sais, cette photo est inattendue... j'ai mis du temps à en accepter la réalité....
merci au zoom de l'appareil photo! lol
Au départ, je n'ai vu que la magnifique Demoiselle, beauté de la Création présentée avec joie et fierté par Aramis avant d'avoir un choc en posant le regard sur les doigts de mon roudoudou....
"Mon Dieu, quel crassou" me suis-je dit.
Et j'ai censuré le cliché que je comptais mettre sur le blog des enfants...
Puis, le temps passant, j'ai réfléchi et fini par me dire qu'après tout, toute la photo était belle. Et l'article de Florence a fait explosé les verrous de la censure ahahah, merci à elle si jamais elle passe par là...
Les doigts d'Aramis sont des doigts d'enfants qui grattent la terre pour trouver des trésors, qui cueillent des fleurs, qui attrapent des lézards, des fourmis et servent de perchoir aux coccinelles. Ils s'enrobent de nuttela et sont aussitôt léchés avec gourmandise, ils tournent les pages de nombreux livres et tiennent d'extraordinaires crayons .
Des petits doigts d'enfant en pleine enfance, en pleine VIE.
Des doigts grandissants et tournoyants dans le réel et non dans la passivité du virtuel ....
Je me suis dit aussi que je ne serai finalement jamais une mère parfaite et ça m'a soulagée.
Je vous rassure, je veille à la propreté des ongles de mes enfants, mais pas de manière quotidienne, je l'avoue, malgré leurs douches (je pense naïvement que douchés, savonnés = complètement propres! Vite essuyés, vite pyjama-tés et hop on passe à autre chose).
Depuis quelques temps, forcée, obligée d'en faire moins pendant je ne sais pas combien de temps (en fait, officiellement ne rien faire ;-)) ) j'ai beaucoup remis en question mes sacro saints principes auxquels je tenais, derrière lesquels je courrais tout le temps sans trop jamais les atteindre..... le mythe de la mère parfaite dont la maison est tenue "à quatre épingle", qui est toujours dans les temps, dont les enfants sont toujours bien coiffés, sans tache indélébile sur les chemises et "tirés à quatre épingles" quand on sort et qui ne font jamais de grimace sur les photos de groupe.... Maman toujours aimable, qui trouve des solutions à tout, n'est jamais fatiguée et fait des merveilles en cuisine.
Je ne suis finalement pas programmée pour ces fonctions, mais uniquement pour des options.
A bientôt xx ans et 13 ans de mariage, il était temps que j'arrête de croire à ces contes de fées que j'accepte le réel et l'étendue de mes capacités....
Certes, il y a toujours une amie parfaite pour mettre le doigts sur vos imperfections et vous culpabiliser. J'en ai pas mal souffert durant des années....
Voire par sa propre mère.... mais je m'autocensure
Mes enfantesques priorités et principes sont :
- qu'ils sachent que je les aime pour ce qu'ils sont et sans préférence
- les aider à grandir, à s'ouvrir au monde, à être bons et généreux avec les autres par amour de Jésus
- donner des repères et des règles pour avoir des guides, transmettre des valeurs, les faire devenir Homme Debout
- être là pour eux, discuter, jouer, expliquer, sermonner, rire, partager leurs joies et leurs peines.
- leur servir d'exemple pour qu'ils fassent encore mieux, qu'ils aillent plus loin.
Le reste, c'est de l'organisation matérielle.... propre à chaque famille et des règles de bases.
Qu'est-ce qui compte finalement dans les grands principes, les règlements horaires? Font-ils grandir ou souffrir?
Il faut savoir faire le tri et prendre de la hauteur.
Je ne suis pas du tout libertaire, et tout comme trop de liberté nuit, trop de principes nuisent aussi.
Faut-il se plier aux principes et les subir ou grandir en s'appuyant sur de principes?
Je choisi des appuis qui aident plutôt qu'ils ne brisent, je cherche à tirer mes enfants vers le haut. Cela ne signifie pas non plus que tout est facile et se fait sans grincement de dents....
mais je cherche l'ESSENTIEL.
Avec le recul et certains évènements, je fais une nouvelle lecture de mon enfance, mon adolescence, je comprends mieux certaines choses. Je fais le tri (encore!) dans ce qui doit être important, ce que je choisi de transmettre.
Savoir pour quoi on agi et ne pas s'encombrer de fioritures qui aveuglent et égarent
Je me fiche aujourd'hui que nos chaussures ne soient pas toujours cirées, que les vêtements qui n'en n'ont pas une stricte nécessité ne soient pas repassés, qu'Aramis porte parfois des chaussettes de couleurs différentes (mais il nous rassure, il a la même paire dans son armoire! merci aux Triplés!), même si je m'agace toujours que ce même Aramis essuie son museau d'un coup rapide sur l'épaule droite de sa chemise! Les serviettes sont faites pour qui?! greu .
Je ne me stresse plus de toutes ces imperfections qui m'ont anéanti le moral durant des siècles! (même si, vous allez rire.... je n'aime pas le désordre et suis un tantinet perfectionniste, mais je tente de me corriger pour continuer de vivre sans étouffer de ne pas y arriver comme je le rêve!!).
Arrêter de dire tout le temps NON à n'importe quoi.... pousser les barrières, changer ses habitudes, voir plus large.... ne garder que ce qui est vraiment important.
Après ce regard jeté en arrière, je dois le tourner joyeusement vers l'avant et tenter de faire mieux, en tous cas, d'essayer. Remises en causes en douceur ...avec justesse, enfin, y tendre.
Et c'est peut-être ça...devenir adulte, en fait....